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Custom Satellite Embeddings : AlphaEarth passe du bilan annuel au suivi à 5 jours

GeoActualités avait déjà présenté AlphaEarth Foundations comme l'un des trois foundation models géospatiaux de référence, aux côtés de Prithvi-EO-2.0 et Clay v1.5, produisant des embeddings annuels réutilisables sans réentraînement lourd. Google vient de franchir une étape supplémentaire : le 29 juillet 2026, la preview privée des Custom Satellite Embeddings a été annoncée sur Google Maps Platform, un service qui remplace le bilan annuel figé par un suivi à la demande, sur des périodes et des zones choisies par l'utilisateur.

Un embedding comme représentation unifiée du territoire

Le principe reste celui d'AlphaEarth : plutôt que de manipuler séparément une image optique, un signal radar ou un modèle numérique d'élévation, le modèle fusionne ces sources, ainsi que des relevés LiDAR 3D, en une seule représentation à 64 bandes. Cette représentation agit comme un "satellite virtuel" capable de produire une vue nette et non obstruée du terrain, y compris sur des zones durablement couvertes par les nuages, un problème récurrent pour la télédétection optique classique en zone tropicale ou en saison des pluies.

Ce qui change : de l'annuel au sur-mesure

La différence avec la version initiale d'AlphaEarth tient à la flexibilité temporelle. Les embeddings n'étaient jusqu'ici produits qu'une fois par an, à l'échelle mondiale. Les Custom Satellite Embeddings permettent désormais de générer ces représentations à la demande, pour une région d'intérêt et une période personnalisées, avec des intervalles de rafraîchissement pouvant descendre à 5 jours. On passe ainsi d'une cartographie statique à un véritable outil de suivi et de détection de changement.

Autre point notable pour qui a déjà manipulé de l'imagerie satellite brute : ces couches d'embeddings sont livrées prêtes à l'analyse. Ni correction atmosphérique, ni masquage de nuages, ni transformation spectrale, ni filtrage du chatoiement radar ("speckle") ne sont nécessaires en amont. Une partie du travail de prétraitement qui occupe habituellement une grosse part d'un pipeline de télédétection est ainsi directement intégrée au produit.

Des usages qui passent du diagnostic annuel au suivi de saison

Avec la version annuelle d'AlphaEarth, les usages documentés portaient sur la cartographie du carbone forestier, la localisation d'infrastructures agricoles ou le repérage de changements de paysage d'une année sur l'autre. La cadence à 5 jours ouvre des cas d'usage supplémentaires, notamment en agriculture : classification des cultures, suivi quasi temps réel de la saison de croissance, ou estimation de dégâts après un épisode de gel ou une tempête. Pour la gestion forestière, cela signifie la possibilité de détecter une perturbation (coupe, incendie, dépérissement) à l'échelle de quelques jours plutôt que d'attendre la mise à jour annuelle.

Un accès académique gratuit, avec une échéance au 15 octobre

Google ouvre en parallèle un programme d'accès pour des chercheurs académiques sélectionnés, qui recevront un échantillon gratuit du jeu de données via Google Earth Engine. La candidature suppose une expérience préalable d'Earth Engine, une affiliation universitaire ou à un institut de recherche, et une intention de partager les résultats obtenus est fortement encouragée. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 octobre 2026. C'est une fenêtre concrète pour toute équipe de recherche en géomatique environnementale qui voudrait tester ce type d'embedding sur un terrain d'étude précis avant une éventuelle généralisation payante du service.

Ce que ça change pour un praticien

Le service reste en preview privée, donc son accès et sa tarification définitive ne sont pas encore stabilisés, et une validation terrain restera nécessaire avant toute décision opérationnelle basée sur ces embeddings. Mais la trajectoire est claire : les foundation models géospatiaux ne se limitent plus à remplacer l'annotation manuelle pour la classification, ils commencent à remplacer une partie du pipeline de prétraitement lui-même, et à raccourcir le délai entre l'acquisition satellite et une couche exploitable. C'est un développement que l'académie suivra dans le prolongement du Module 4 (GeoAI), notamment pour évaluer ce que la fenêtre académique d'Earth Engine permet réellement de tester avant le 15 octobre.