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Gestion Forestière

Amazonie : la déforestation au plus bas depuis une décennie, ce que ça doit à la surveillance satellite

Le 7 août 2026, l'institut brésilien de recherches spatiales (INPE) a publié ses données annuelles de déforestation pour l'Amazonie brésilienne. Sur la période août 2025 à juillet 2026, 2 874 km² de forêt ont été déboisés, contre environ 4 500 km² l'année précédente, soit une baisse de 37%. C'est le niveau le plus bas enregistré pour cette période depuis le début de ce type de relevés.

Au-delà du chiffre, cette annonce est une bonne occasion de regarder de plus près l'outil qui la rend possible : DETER, le système de détection quasi temps réel de l'INPE.

Deux systèmes, deux usages

L'INPE fait tourner en parallèle deux dispositifs de surveillance satellite complémentaires. PRODES produit chaque année une cartographie de référence, précise mais publiée avec un an de décalage : c'est elle qui donne le chiffre officiel de déforestation annuelle, comme celui du 7 août.

DETER, lui, fonctionne à l'inverse : moins précis mais quasi instantané. Opérationnel depuis 2004, il émet des alertes quotidiennes dès qu'une perte de couvert forestier est détectée, dans le but de permettre aux agences de contrôle d'intervenir avant que la coupe ne s'étende.

Comment DETER détecte une coupe en quelques jours

Le système ne compare pas l'image du jour à celle de l'année précédente, mais à la dernière image disponible de la même zone, généralement à quelques jours d'intervalle. Cette logique de comparaison glissante, plutôt qu'un suivi annuel, est ce qui permet une alerte rapide.

Chaque alerte générée automatiquement passe ensuite par une interprétation visuelle : une équipe d'une dizaine d'experts, basée au bureau de l'INPE à Belém, valide les polygones détectés. Des auditeurs seniors contrôlent quotidiennement environ 30% de ces polygones, ce qui permet à l'institut d'annoncer un taux de précision supérieur à 90%.

La limite du système est connue : jusqu'en 2017, DETER ne détectait que les pertes de couvert supérieures à 25 hectares, et la couverture nuageuse, fréquente en zone tropicale, empêche encore aujourd'hui de capter certains changements. C'est le compromis assumé du système : sacrifier une part de résolution et d'exhaustivité pour gagner en rapidité de détection, DETER n'ayant pas vocation à remplacer PRODES mais à déclencher l'action sur le terrain.

Ce que ça illustre pour la gestion forestière

Ce couple PRODES/DETER est un cas d'école pour qui s'intéresse au monitoring forestier par télédétection : un système annuel de haute précision pour le bilan et la recherche, un système à cadence rapide et tolérance d'erreur plus large pour l'action opérationnelle. Ce sont deux besoins différents, et donc deux architectures de traitement différentes, alors que les deux s'appuient sur de l'imagerie satellite optique.

Pour un praticien qui conçoit un dispositif de suivi forestier, la question à se poser n'est donc pas seulement "quelle précision ?" mais "quelle précision, pour quelle décision, à quel délai ?". C'est cet arbitrage, plus que la seule performance d'un modèle, qui détermine si un système de surveillance sert réellement à agir à temps.